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jeudi 17 février 2011

Majnu Ka Tilla, Le Tibetan Refugee Camp

Aujourd'hui je me lève très tôt pour rejoindre Majnu Ka Tilla, le Tibetan Camp. Il me faut prendre la ligne de métro Yellow jusqu'à la station Vidhan Sabha.
Arrivé sur place, je rencontre deux Bordelaises qui cherchent aussi le camp, Cécile et Lucille. Je sympatise surtout avec la première, normal elle est super mignonne et je crois que ça passe plutôt pas mal entre nous. On prend un rickshaw tous les trois on discute un peu. Elles sont en Inde depuis 2 mois, Cécile fait son premier voyage en Inde, Lucille est une habituée. Elles ont l'air en mode un peu hippie post-bahut, enfin surtout Lucille qui me sort des trucs genre "Ah ouais euuh tu bosses chez quoi ? Ah Appeul ? Enfin tu sais hin nous on y connait rien à ça, on est pas trop euuh... enfin tu vois ?" Bref elle me saque pas et arrivés au camp, elle coupe ma conversation avec la jolie Cécile et me souhaite bonne journée, bon courage, bon vent, bon, casse-toi.


Visite du Camp Tibétain, Majnu Ka Tila


Majnu Ka Tilla est donc un petit quartier de réfugiés ayant fui le Tibet. Certains se sont installés ici et ont développé une grosse activité touristique et commerciale, assez impressionnante même.
Entré dans les petites ruelles, on ne se sent déjà plus à Delhi. On laisse derrière soi les klaxons, la foule et la poussière pour pénétrer dans un petit bout de Tibet. Une petite place ensoleillée, dominée par 2 Temples Bouddhistes, rayonne de paix et de calme de façon assez surréaliste. Des moines vont et viennent, des enfants bridés jouent, les gens s'assoient sur les bancs et apprécient le moment. De grandes photos du Dalaï-Lama et du futur Lama tibétain trônent ici et là, il y'en a également dans toutes les boutiques.
En parlant de boutiques, il y'en a plein, ainsi que des étals. Tissus, thangkas, drapeaux, bijoux, sacs, autocollants "Free Tibet"... Il y'a de tout et c'est ma foi très bien vendu. Oui les tibétains et les népalais sont d'excellents commerçants, pour la première fois en Inde, je vois une caisse-enregistreuse-scanner à codes-barre dans une épicerie. Les prix semblent justes, d'autant que c'est de l'artisanat local puisqu'ils importent mais aussi fabriquent sur place les objets qu'ils vendent et ça, ça n'a pas de prix. En passant par certains recoins, on peut d'ailleurs les voir à l'oeuvre avec leurs chalumeaux et leurs marteaux de gravure. Pas de harcèlement, c'est calme, c'est cool, c'est tellement apaisant ce petit coin de Lhassa...

Contre-pigeon
Je m'arrête dans une boutique où une vieille dame vend des thangkas, drapeaux et autres choses de ce genre. Je négocie un peu avec elle, elle lâche pas beaucoup de terrain et est tenace. Je la paie et quitte la boutique, fier de ma bonne affaire quand je l'entend hurler derrière moi "Mistake ! Mistake !" - Alors oui les tibétains, TOUS, parlent très bien anglais, même les vieux - En fait je lui avais donné un billet de 500 roupies au lieu d'un billet de 100... C'est pas beau ça ? J'avoue que ça m'a vraiment surpris et conforté sur la perfection de cet endroit. Du coup j'ai plus cherché à négocier avec les autres artisans.

Cherchant une guesthouse disponible pour passer la nuit ici, je me fais rembarrer partout. Apparemment pas mal de moines sont arrivés aujourd'hui et ont tout booké. Un peu déçu, je décide d'aller manger dans un de leur resto. Et c'est très bon et pas cher. Là encore, une carte en bonne et due forme, des plats du Tibet, un portrait du Dalaï-Lama qui vous regarde manger en souriant, que demander de plus ?
A savoir que le gogol que je suis a commencé à mimer à la serveuse l'acte de manger en gémissant "gnn gnn" ce à quoi elle m'a répondu dans un Anglais exceptionnellement bon "What do you want exactly sir ?" (Celle là elle est pour toi Nico)

Je me sens super bien ici, les gens sont beaux, ils ont l'air heureux malgré leur situation et celle de leur pays. On sent qu'ici, ils essaient de reproduire ce qu'ils avaient là-bas, la même atmosphère, les mêmes repères.
Je finit mes emplettes et vais me poser au soleil sur la petite place, des enfants tibétains jouent et deux petites mendiantes indiennes viennent me harceler. Elles veulent que je leur donne de l'argent pour le marchand de glace et se disputent entre elles pour savoir qui y aura droit. Je résiste, faut pas oublie qu'elles sont potentiellement 1 Milliard derrière et je ne veux pas me retrouver submergé.

Une des gamines part et l'autre veut jouer avec moi. Elle me demande de la prendre en photo et est très contente de se voir sur mon iPhone. Les gens du coins et les moines sourient. De l'un des temples sortent les gongs et les incantations de moines qui prient. On se croirait dans un film. Je suis tellement bien que je reste un bon moment assis là, je me vide complètement et ça fait du bien. Je crois que ça m'a convaincu sur ma prochaine destination de voyage : Népal-Tibet et je sens déjà que ca va être fantastique.

Je repart en soirée et arrive en rickshaw au Nirvana, faute de place à Majnu Ka tilla. J'y croise l'Australien et on se raconte nos journées. Il est très sympa, un homme d'une quarantaine d'années mais je sens à sa façon de parler qu'il est un peu perché et qu'il doit être sur la route depuis un bon moment déjà.

Je pense que cette journée est l'une des plus marquants que j'aie pû passer. Je recherchait du calme, du dépaysement, et Majnu Ka Tilla m'en a apporté plus que n'importe quel endroit que je n'ai pû visiter. Je suis tombé amoureux de ces gens et de leur culture. Mais pas de la petite Cécile, dommage, on a pas eu le temps de faire connaissance.

- "A bientôt à Bordeaux peut-être !"

Pourquoi elle m'a dit ça, celle-là... ?






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