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lundi 14 février 2011

Ma St Val' a Delhi...

Le réceptionniste me file un plan sur lequel il griffonne le chemin vers le Metro Saket. Je sors donc et m’y dirige, avec mon sac a dos et mes baskets. Et je me perds.

Le quartier du Nirvana Hostel

Du coup je découvre autour du Nirvana Hostel un quartier pauvre et mal entretenu. Plein de boutiques encastrée dans des garages ou des abris en tôles, plein de gens vivant sous des tentes improvisées, plein de bidouilleurs de scooters, de téléphones et de portails en fer cotoîent des vendeurs d’objets parfois improbables et des cuisiniers en plein air. Enorméments de chiens trainent, impassibles à l’agitation qui retourne la rue.

Pas mal de passants me regardent un peu étonnés, ils doivent se demander ce que je fais ici. Un moment, je passe devant une famille qui déjeune devant leur mini bidonville. Une gamine à la peau étonnament nore noire mâchonne une objet non-identifié. Elle me frôle le bras de sa main et y laisse une trace marron. En fait, elle est recouverte de crasse.









Connaught Place

Arrivé à Saket, pour 23 roupies, je rejoins Connaught Place, en 25-30mn. Rien à dire sur le métro qui est très bien conçu, par contre on se fait fouiller et on passe au détecteur de métal à l'entrée. Il y’a des wagons spécifiques aux femmes, il faut donc faire attention à là où l’on monte.

Connaught Place c’est une grande place un peu bordélique. J’ai commencé par tourner autour, longeant des magasins aux enseignes connues, des bars super selects, des bureaux de change mais aussi beaucoup d'étals de marchands de bijoux fantaisie et de tissus brodés. En fait ca rapelle un peu Auber et les Galeries Lafayette à Paris, avec les chinoises qui essaient de vous vendre des serviettes de bains en se les mettant sur la tête.

J’apprend à traverser à l’indienne, c’est-à-dire n’importe comment, zigzaguant entre les véhicules et manquant d’abréger ma vie plusieurs fois. Le bon truc c’est de suivre les indiens et se mettre à côté d’eux quand ils traversent, de sorte de bénéficier d’un airbag humain si ca se passe mal.


Les gamins-pièges

Plusieurs gamins et ados m’abordent et tentent de m’imposer leurs services de guide. En fait, vous ne les rémunérez pas, ils vous amadouent avec leur anglais parfait et vous emmènent dans des boutiques pièges à touristes.

- "Where you do come from ? Oh, France ? Bonjouuuuw !"
- "Je m’appelle «Raôul» (Rahul ?)"

C’est marrant, les autres gamins m’ont fait la même.

- "How long do you stay here" ?
- "You’re here for business" ?

Telles sont les questions qu’ils vous poseront pour tenter d’établir votre profil pigeonnique. Une fois celà fait, il y’a de fortes chances qu’ils vous emmènent dans des boutiques super classes aux prix super chers avec des vendeurs super tenaces.

Je les évite soigneusement avec des «Namasté» «No thanks» et autres «Later, later» et me dirige vers Janpath pour trouver le Tibetan Market. Que je n’ai pas trouvé.

Après m’étre une fois de plus perdu, très loin cette fois, je rebrousse chemin en rickshaw et retombe sur Connaught.


De la bonne utilisation du rickshaw, où comment je me suis pas fait avoir.

Moyen de déplacement idéal à Delhi, les rickshaws sont des sortes de scooters couverts de taule, il y’a une place à l’avant pour le chauffeur et une place l’arrière pour le pigeon de touriste. Un compteur digital se trouve à votre gauche et vous indique le kilométrage et le prix en temps réel. Voici le topo des pièges à éviter :

• Toujours vérifier si celui-ci est bien remis à zéro quand vous montez
• Vérifiez votre monnaie, préparez l’appoint si possible, les indiens ont un sérieux souci avec la monnaie.
• Et faites gaffe à vos sacs quand le rickshaw est à l’arrêt, je suis sûr qu’en Inde ils ont déjà inventé le rickshaw-jacking.
• Ne jamais accepter les courses prépayées.









L'underground market de Connaught Place

Le rickshaw me dépose à l’entrée d’un market se trouvant en fait sous le terre-plein de la place. Il me dit que je devrais y trouver des appareils photos. A L’intérieur ça ressemble à s’y méprendre à ce que j’ai déjà connu à Shanghaï. Des boutiques vendant du faux, vêtements, lunettes, bijoux, jeux vidéos et autres fantaisies. Les vendeurs vous accostent à l’entrée de la boutique et vous incitent à entrer. C’est sympa à faire, c’est le côte un peu underground de New Delhi, celui que tout le monde connait sans connaître.

Je trouve quelques boutiques qui vendent de l’électronique mais ils n’ont pas le modèle d'appareil que je cherche. Ils m'en montrent quelques uns et m’annoncent bien-sûr des prix qui me paraissent gonflés à mort. Je n’ai pas cherché à négocier, tant pis pour l’appareil. Un des vendeurs me dit que je ne trouverais mon modèle que dehors.


Ma Saint-Valentin avec Raôul

Une fois dehors, je me dit que finalement, je perds pas mal de temps à rien trouver de ce que je cherche, voire à faire quelque chose de ma journée.
Je me dit donc que je vais tenter l’expérience du pigeon en laissant venir un gamin-piège. Celui-ci m’a l’air rigolo avec sa casquette rasta sur la tête. Et bien sûr, après avoir établi mon profil, il me déclare s’appeller Raôul, tiens donc.

Comme prévu il me fait faire le tour des boutiques super classe, spécialement aménagés pour les touristes. D’ailleurs y’en a pas mal et ils sont tous chaperonnés par des Raôuls.
Les tarifs sont abusifs et je galère à mort pour ne pas acheter.
Les armes des vendeurs : une présentation impeccable, un anglais au poil et une capacité à baisser les prix assez élevée. Je suis reparti quand même avec quelques trucs que je trouvais jolis, mais ils avaient l’air pas très contents de pas m’avoir plumé.

On discute un peu en marchant, ce qui est cool c’est que Raôul sait quand même pas mal de choses et à l’air plutôt cultivé. Il a une conversation même plutôt agréable et on rigole sur pas mal de choses, notamment de cette journée de St Valentin et de nos ex. Il me donne pas mal de trucs et astuces sur New Delhi, le coup des airbags humain, c’est lui. Finalement je regrette pas tant que ça d’avoir fait appel à lui et il est plutôt sympa.

Après m’avoir emmené dans d’autres boutiques du même genre, je finis par lui dire que j’aimerai bien qu’il m’emmène dans des streets markets ou des boutiques populaires pour acheter de la daube pas chère, que je sais qu’il m’a emmené dans des boutiques de touristes et que bien que j’apprécie, je n’ai pas un gros budget.
Il hésite un peu et parait agacé. Il me dit que les streets markets n’existent plus depuis le Commonwealth, que c’est pas évident de trouver ce genre de choses... En fait je devine que ca l’embête car dans ces boutiques et markets, tout est 5 fois moins cher que là où il m’a emmené. Mais il a vraiement l’air embêté.
Il me propose alors de dîner et, à mon grand étonnement, me propose de me laisser au KFC. Moi qui pensait qu’il allait m’introduire chez son sponsor bouffe à 30 000 roupies... Je le suis et je comprend mieux ses intentions : Juste à coté du KFC, se trouve un coin super ou s’accumulent des boutiques et des stands à objets pas chers. Exactement ce que je voulais, et je trouve ça vraiment sympa de sa part. Alors au moment de se séparer, je lui tend de l’argent, qu’il refuse.

- «I don’t do this for money, i do this because i didn’t do anything today, it’s good for you if you had a good day, blabla»

En gros le peu que j’ai acheté lui suffit à toucher correctement sa part.
Alors je décide de lui faire un cadeau parce que mine de rien, il m’a fait passer une bonne Saint Val’ ce p’tit con, et je l’emmène dans une boutique de sport acheter une batte de cricket, parce que je savais qu’il adorait ça sans en avoir les moyens.



Le street market et les boutiques de souvenirs

Enfin de vrais magasins de souvenirs, avec de vrais trucs bien cheaps, pour faire des cadeaux bien pourris à son retour !
J’achète quelques bracelets, des pacheminas et un t-shirt marrant que j’ai vu dans une boutique à prix fixés.

En parlant de ça :
• Certaines boutiques fixent leurs prix et ceux-ci ne sont pourant pas affichés. Négociez au taquet !
• Certaines boutiques, surtout celles qui vendent des t-shirts tendances, ne sont pas négociables. On les reconnait facilement.

Parfois, d’un étal à un autre, les prix vont du simple au double. Mais en général c’est pour des articles à 10 roupies donc la pilule passe bien mieux que dans les tourists-traps.
Enfin, NEGOCIEZ ! N’hésitez pas à diviser leurs prix en 2 pour leur foutre la pression ! Ca marche très bien !
Il s’est mis à pleuvoir...

Le Temple Hindi

En flânant dans les rues, j’arrive devant un Temple Hindi qui semble en fête. De la musique traditionnelle s’en échappe, et des tas d’indiens confient leurs chaussures à une vieille femme qui se propose de les surveiller moyennant quelques deniers.

Me voyant troublé par tant d’agitation, elle me mime d’enlever mes baskets et d’y aller. J’hésite un peu, je sais que pas mal d’indiens feraient leurs courses pendant 2 mois en revendant mes Nike Pegasus. Un jeune homme indien s’approche de moi et m’explique que je dois me laver les mains avant d’y mettre les pieds. Cherchez la logique. Il m’explique ce qu’il se passe (mais je n’ai rien compris à son accent) et m’incite à y aller. Il me dit cependant de ne rien acheter à l’intérieur car je serai surement surtaxé version pigeon de touriste.
Je confie mes basket à la femme qui les cache soigneusement sous un pli de sa robe, ce qui me rassure et me convainc que je ne rentrerai pas pieds nus ce soir.

Des musiciens jouent de la musique à l’intérieur du temple et des fidèles les accompagnent en tapant des mains. Je suis le seul touriste à l’intérieur ce qui succite pas mal de regards. Je vous laisse apprécier les quelques photos que j’ai prises.




Sorti du temple, la femme me demande 10 roupies là où les indiens lui donnent quelques roupies, genre 2 ou 4. Bon allez, je suis content de retrouver mes chaussures, je suis un touriste, j’ai le droit à une surtaxe, vas-y. Là surprise, après avoir pris mon billet, elle m’en demande un autre... ! Je fais mine de pas comprendre en faisant mes lacets mais elle lâche pas le morceau la carne ! Je finis par lui tendre quelques pièces en lui disant que c’est tout ce qu’il me reste.
C’est magique. La femme sourit en faisant le fameux hochement de tête indien, vous savez celui où vous savez pas si il veut dire oui ou non ou on va te tabasser à mort sur le trottoir enfoiré de touriste.
Je la regarde en souriant et je joins les 2 mains en me cambrant en signe de remerciement. Elle me fait un grand sourire en posant sa main sur le haut de ma tête, en signe de bénédiction. C’était vraiment très privilégie et assez inoubliable comme moment, et c’est là où l’on se rend compte qu’en Inde, la spiritualité est très présente et passe avant toute préoccupation matérielle. Enfin c’est ce que j’ai ressenti à ce moment là en tous cas.


Inchomasinghedfgds

Après cette longue journée, je me rentre sans trop de difficultés au Nirvana Hostel, où le réceptionniste m’accueille chaleureusement et me demande de lui raconter ma journée. C'est cool, en plus il à vraiment l'air de s'y intéresser. Enfin tout ça pour m'annoncer qu'il n'y a pas de WIFI gratuit... Il me dit que le mauvais temps empêche l’internet de fonctionner... Pourtant sur son ordi tout à l’air d’aller... Va savoir. Il y’a un Cybercafé pas loin, mais il est fermé. Demain.

En passant par la réception, je constate que les seuls survivants sont des touristes qui discutent dans une chambre privative. 3 nanas et un mec. Je me dirige vers ma dorm room et vide mon sac dans mon casier privatif. Apparemment, je serai seul ce soir, cool !

A un moment le mec qui est en fait Indien passe me voir. Il engage la discussion et établit mon profil pigeonnique. Alors non il va pas m’emmener dans une boutique pourrie, il essaye vraiment de faire connaissance. Il s’appelle Inchomasinghedfgds, un truc comme ça. Il est architecte et vient de Mumbai pour travailler à Delhi. N’arrivant pas a trouver d’appart’, il a choisi de loger au Nirvana Hostel, qui n’est pas loin de son nouveau job. Très sympa, on se raconte nos vies, il semble adorer voyager et aller à la recontre d’autres cultures. Il a même l’air assez occidentalisé, ca doit être à l’image de la jeunesse indienne. Du coup il me raconte ses expériences avec le métro parisien, je lui raconte ma journée et il me file de précieux tuyaux pour la suite de mon voyage (Marchés, bouffe...)

Il m’annonce aussi que Vendredi il y’aura une vingtaine de nouveaux qui vont arriver au Nirvana.

Voilà, ma première journée s’arrête ainsi, j’en suis plutôt content. Beaucoup de rencontres, des gens adorables à un tel point qu’on en oublie les tentatives d’arnaques. Ca fait partie du jeu quand on vient ici, mais à coté de ça, y’a beaucoup à gagner je pense.


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